Comment distinguer un patriote d’un loyaliste?

En 1838, les batailles d’Odelltown et de Lacolle se sont déroulé sans la présence de soldats réguliers de l’armée britannique. Les forces en présence étaient les Frères Chasseurs et les Loyal Volonteers des divers villages de la région, tous des citoyens avec peu ou pas d’expérience militaire. Malgré le fait que peu d’historiens utilisent ce terme, il nous semble raisonnable d’affirmer ici que la Rébellion de 1838 est en réalité une guerre civile.

Bien qu’ils forment des organisations paramilitaires complexes, ni les Chasseurs ni les Volontaires n’ont d’uniformes à proprement parler. Quelques Chasseurs portent bien la ceinture fléchée, mais cela n’est pas nécessairement une norme vestimentaire répandue chez les Chasseurs. Comment alors se distinguer les uns des autres sur un champ de bataille?

Le capitaine Donald MacAllister, qui commande le West Sherrington Loyal Volonteers, semble avoir trouvé une solution. Avant de se mettre en marche vers Odelltown, il ordonne à ces hommes de se nouer une bande de coton blanc autour du bras. Cette pratique a pu être observée chez les loyalistes du Haut-Canada l’année précédente, en 1837. Il semblerait d’ailleurs que cette méthode date de la guerre de 1812, alors que des régiments de miliciens étaient à court d’uniformes et devaient néanmoins être en mesure de se distinguer des miliciens américains. Malheureusement, les archives ne nous permettent pas de savoir si cette pratique était répandue dans tous les régiments de Volontaires actifs en 1838.

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Cela étant dit, comme en témoigne l’image suivante, certaines troupes de Volontaires avaient quand même des uniformes fournis par l’armée britannique.

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Il n’existe malheureusement aucune étude complète sur l’équipement et l’habillement des patriotes et des loyalistes. C’est tout l’inverse pour les régiments réguliers de l’armée britanniques qui sont couverts par une abondante historiographie. C’est probablement le peu de sources premières qui explique en bonne partie cette absence de connaissance. Autant les Chasseurs que les Volontaires avaient un système de gestion plutôt approximatif et ont conservé très peu voire pas d’inventaires officiels de leur équipement. Toutefois, le fait que la SRBC soit le premier groupe à s’intéresser à la reconstitution militaire de cette époque participera peut-être à encourager de nouveaux chercheurs à replonger dans des vieilles boîtes d’archives et à trouver des informations inédites!

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